Enfin la France a une vraie politique étrangère, une politique franche et claire. Depuis trop longtemps nous n’avions pas eu de politique digne
d’un grand pays comme la France. Hier, Nicolas SARKOZY a démontré sa capacité à innover en dehors de nos frontières en faisant des propositions réalistes et audacieuses aux pays du monde. Le
Président de la République redonne à la France sa vraie place sur la scène politico diplomatique, celle de leader.
Le président a depuis toujours une liberté de langage et une approche pragmatique de la géopolitique. Son analyse est claire et
efficace.
Il a fait un diagnostic sans complaisance sur la politique internationale « Face à des crises internationales telles que celle de l'Irak, il est aujourd'hui établi que le recours unilatéral à la force conduit à l'échec ;
mais les institutions multilatérales, qu'elles soient universelles, comme l'ONU, ou régionales, comme l'OTAN, peinent à convaincre de leur efficacité, du Darfour à
l'Afghanistan. »
Mais aussi sur la politique de l’Europe « En Europe même, les interrogations sont fortes, notamment après le dernier élargissement : où sont les frontières de l'Union ? De nouveaux
élargissements sont-ils compatibles avec la poursuite nécessaire de l'intégration ? Plus largement, l'Europe n'est-elle pas devenue la courroie de transmission des excès de la mondialisation,
alors qu'elle devrait, au contraire, en amortir les chocs et permettre à nos peuples d'en saisir toutes les opportunités ? »
Nous sommes très loin des commentaires négatifs habituels de la gauche qui ne semble pas vouloir comprendre le sens des mots du
Président.
Après Nicolas Sarkozy a posé les défis qui se présentent au Monde.
« Premier défi : comment prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident, voulue par les groupes extrémistes tels qu'Al Qaeda qui rêvent
d'instaurer, de l'Indonésie au Nigeria, un khalifat rejetant toute ouverture, toute modernité, toute idée même de diversité. »
« Deuxième défi : comment intégrer dans le nouvel ordre global les géants émergents que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil ? Moteurs de la
croissance mondiale, ils sont aussi facteurs de graves déséquilibres »
« Troisième défi : comment faire face à des risques majeurs que nous sommes, dans l'histoire de
l'humanité, la première génération à identifier scientifiquement et à pouvoir traiter globalement, qu'il s'agisse du réchauffement climatique, des nouvelles pandémies ou de la pérennité des
approvisionnements énergétiques ? »
Pour répondre à ces trois défis et menaces en même temps le Président a démontré son engagement personnel et celle de la
France.
« Je suis de ceux qui pensent que la marque d'un homme d'Etat, c'est la volonté de changer le cours des choses. Pour cela, il faut une volonté
inébranlable ; il faut aussi faire partager ses rêves, ses ambitions et ses objectifs. »
Ensuite le Président a formulé plusieurs propositions pour redonner de l’élan à la construction Européenne mais aussi apporter des
pistes de réflexions et des solutions aux grands défis du monde.
« La construction de l'Europe restera la priorité absolue de notre politique étrangère. Sans Union
européenne forte et active, la France ne pourrait apporter de réponse efficace aux trois défis de notre temps…[…] C'est pourquoi j'ai voulu, en toute priorité, remettre l'Europe en marche en
proposant le traité simplifié…[…] L'Europe étant désormais sortie du blocage du chantier institutionnel qui durait depuis 10 ans, le moment est venu de poser la question de l'avenir du projet
européen…[…] "Quelle Europe en 2020-2030 et pour quelles missions ? "…[…] Je souhaite aujourd'hui mettre l'accent sur le dossier de l'Europe de la Défense. Bientôt dix ans après l'accord de
Saint-Malo, le moment est venu de lui donner un nouvel élan…. »
« La menace d'une confrontation, entre l'Islam et l'Occident, d'abord. Nous aurions tort d'en
sous-estimer la possibilité : l'affaire des caricatures en a été un signe avant-coureur…[…] Prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident, c'est aussi encourager, aider, dans chaque pays
musulman les forces de modération et de modernité à faire prévaloir un Islam ouvert et tolérant, acceptant la diversité comme un enrichissement…[…] Prévenir une confrontation entre l'Islam et
l'Occident, c'est encore aider, comme la France le propose, les pays musulmans à accéder à l'énergie du futur : l'électricité nucléaire…[…] Prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident,
c'est enfin traiter les crises du Moyen-Orient. Il y a cinq ans seulement, la région ne connaissait qu'une crise. Aujourd'hui, elle en subit quatre, très différentes mais chaque jour davantage
liées entre elles. »
La menace de l’Iran sur la paix mondiale n’échappe pas au Président qui donne une analyse juste et directe. Nous ne pouvons plus
nous permettre de perdre du temps face à la menace nucléaire de l’Iran et des déclarations claires sont certainement un bon moyen de ce faire entendre.
« L’Iran. La France maintient avec ses dirigeants un dialogue sans complaisance, qui s'est avéré utile
en plusieurs occasions. Elle a pris l'initiative, avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, d'une négociation où l'Europe joue un rôle central, rejointe par les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Les
paramètres en sont connus ; je n'y reviens pas, sinon pour réaffirmer qu'un Iran doté de l'arme nucléaire est pour moi inacceptable, et souligner l'entière détermination de la France dans la
démarche actuelle alliant sanctions croissantes mais aussi ouverture si l'Iran fait le choix de respecter ses obligations. Cette démarche est la seule qui puisse nous permettre d'échapper à une
alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran. Cette quatrième crise est sans doute la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'ordre
international. »
Contrairement à certains commentaires, notamment de l’opposition, je ne trouve pas que les déclarations du Président soient mal
venues ou trop directes. Pour moi, cette prise de position a le mérite d’être claire. Elle démontre une parfaite connaissance du dossier Iranien avec une prospective réaliste. Nicolas Sarkozy
donne la position de la France avec détermination, cela tranche peut être par rapport au passé mais la menace est réel par conséquent il faut une attitude ferme pour y répondre.
Pour finir son intervention le Président a fait plusieurs propositions pour répondre aux deux autres défis du monde.
« Les deux derniers défis auxquels notre monde est aujourd'hui confronté ne peuvent être traités séparément : de notre capacité à bâtir avec les
géants émergents un ordre mondial efficace et juste dépendra directement notre capacité à répondre aux menaces du XXIème siècle que sont, notamment, le réchauffement climatique, les nouvelles
pandémies et les menaces sur la pérennité de notre approvisionnement énergétique.
Jusqu'à présent, reconnaissons-le, la réponse de la communauté internationale aux bouleversements engagés voici 17 ans n'a pas été à la hauteur des enjeux. »
« Les Etats-Unis n'ont pas su résister à la tentation du recours unilatéral à la force et ne démontrent malheureusement pas, dans la protection de
l'environnement, cette capacité de " leadership " qu'ils revendiquent ailleurs….[…] La Russie impose son retour sur la scène mondiale en jouant avec une certaine brutalité de ses atouts,
notamment pétroliers et gaziers, alors que le monde, l'Europe en particulier, espèrent d'elle une contribution importante et positive au règlement des problèmes de notre temps que son statut
retrouvé justifie….[…] La Chine, engagée dans la plus impressionnante renaissance de l'histoire de l'humanité, transforme sa quête insatiable de matières premières en stratégie de contrôle,
notamment en Afrique. »
« Le G8 doit poursuivre sa lente transformation. Le dialogue conduit, lors des récents sommets, avec les plus hauts dirigeants de la Chine, de
l'Inde, du Brésil, du Mexique et de l'Afrique du Sud, devrait être institutionnalisé et durer une journée pleine. Peu à peu, le G8 doit devenir le G13. »
« Pour mobiliser davantage encore la communauté internationale face aux défis de la paix et de la sécurité en Afrique, j'ai pris l'initiative
d'une réunion du Conseil de Sécurité qui se tiendra le 25 septembre à New York, au niveau des Chefs d'Etat ou de gouvernement et que je présiderai. »
La conclusion du discours du Président de la République en dit long sur sa volonté de faire avancer les choses et de permettre à
l’Europe et au monde entier de vivre dans une harmonie en respectant la planète.
« Je me fais une très haute idée de la France et de son rôle dans le monde d'aujourd'hui ; j'ai de
grandes ambitions pour l'Union européenne, sa place naturelle au cœur d'un système multilatéral efficace et juste.
Pour mettre en œuvre cette politique étrangère ambitieuse, la France a la chance d'avoir à la tête du Ministère des
Affaires étrangères et européennes quatre personnalités remarquables : Bernard Kouchner, et à ses côtés Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marie Bockel et Rama Yade. Elle a la chance de disposer d'un corps
diplomatique de très grande qualité. »
Nul doute, maintenant nous avons un Patron à la tête de la diplomatie Française.