
Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l'élection présidentielle, a taclé Ségolène Royal vendredi dans le Poitou-Charentes, la région présidée par sa rivale socialiste, et dénoncé ceux qui, à gauche, cherchent "à étouffer le débat parce qu'ils n'ont rien d'autre à dire".
En arrivant vendredi en début d'après-midi à Vivonne, près de Poitiers, où il avait programmé la visite d'une PME, M. Sarkozy a affirmé qu'il était ici non sur les terres de sa rivale, mais sur un territoire de "la République".
Puis, interrogé par les journalistes sur les récents propos de Mme Royal sur la Corse, il a dénoncé sa "méconnaissance" du sujet, se disant "consterné". Croyant parler au téléphone avec le Premier ministre du Québec Jean Charest, Mme Royal avait dit en riant que "les Français ne seraient pas contre" l'indépendance de la Corse, selon un extrait diffusé par des médias.
"Si c'est une plaisanterie, elle est de mauvais goût", a jugé M. Sarkozy.
Visiblement boosté par "l'incompétence" qu'il croit déceler chez sa rivale socialiste sur certains dossiers, M. Sarkozy s'est exclamé lors d'une réunion publique au Futuroscope, qui a rassemblé dans la soirée environ 6.000 personnes, selon l'UMP: "cette élection, je la sens bien".
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Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin le 26 janvier 2007 à Vivonne
Jean-Pierre Raffarin et Philippe Douste-Blazy ont pris la parole peu avant lui pour décocher eux aussi quelques flèches à Mme Royal: "c'est la candidate de l'inquiétude et de l'inconstance", a dit l'ancien Premier ministre et sénateur de la Vienne. "Notre pays ne peut pas se permettre l'aventure et l'improvisation", a renchéri le ministre des Affaires étrangères. M. Sarkozy, qui n'a jamais cité sa rivale au cours de son discours, faisant une fois allusion à "qui vous savez", a tenu à rendre hommage à Edith Cresson, ancienne élue (socialiste) de la région. "Nous avons très souvent été en désaccord. Nous nous sommes combattus. Mais je n'oublie pas comment on a traité celle qui fut la première femme française à occuper les fonctions de Premier ministre (de François Mitterrand). Elle ne méritait pas d'être traitée ainsi", a-t-il dit.
Selon lui, "le débat démocratique peut être rude quand il oppose des femmes et des hommes de convictions. Il peut, il doit être sans concession sur les idées. Mais il doit être digne, respectueux de l'autre, de ses opinions, de ses croyances". "Etre candidat à la fonction présidentielle impose à celui qui prétend vouloir l'exercer une obligation de dignité, d'honnêteté, de sincérité, de vérité (...) Je me soumettrai durant toute cette campagne à une exigence d'éthique avec laquelle je ne transigerai pas. C'est pourquoi je m'imposerai à moi-même des règles de comportement", a-t-il affirmé.
"Si certains veulent tirer la campagne vers le caniveau, je ne les suivrai pas", a-t-il ajouté. "Et si je dois être le seul durant toute cette campagne à parler du fond, le seul à parler de la morale, le seul à présenter des idées, le seul à prendre des engagements (...) eh bien, tant pis, je serai le seul parce que c'est l'idée que je me fais de la dignité de la fonction présidentielle", a-t-il également déclaré.
Pour le ministre de l'Intérieur, que la gauche accuse d'avoir fait enquêter sur des proches de Mme Royal, ce qu'il dément, "lorsque le vacarme des polémiques et des procès d'intention occulte les discours de fond, il n'y a plus de démocratie".